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Définition

Les travaux et le bricolage représentent ici l’ensemble des opérations de construction, d’entretien ou d’aménagement de la maison (démolition ou création d’une nouvelle cloison, enduit, peinture d’une pièce, réfection de meuble, remplacement d’un joint, …). Le bricolage peut également impliquer des activités de loisir (mécanique, modélisme…) susceptibles d’être réalisées à la maison.
L’aménagement désigne quant à lui l’introduction de meuble ou d’éléments de décoration, dans l’habitat.

Messages clés

  • L’air intérieur est plus pollué que l’air extérieur
  • La pollution de l’air intérieur est fortement liée aux activités des occupants, aux équipements et aux matériaux utilisés dans le foyer
  • La contamination du foyer augmente en période de travaux, bricolage ou à l’arrivée de meubles neufs
  • L’aération et le fait d’éliminer les poussières du logement (nettoyage, aspiration) permet de réduire la contamination du foyer

Les femmes enceintes, allaitantes et les jeunes enfants étant plus vulnérables, il est primordial de limiter leur exposition en cas de travaux, de bricolage ou d’aménagement.

  • Etat des connaissances

    L’arrivée d’un enfant est souvent associée à la réalisation de travaux de rénovation et à des aménagements au sein du logement. Dans l’étude ESTEBAN, représentative de la population Française, environ 25% des adultes réalisent des travaux de bricolage, de manière plus ou moins régulière. Ces activités peuvent impliquer l’utilisation de produits contenant une large palette de substances chimiques, comme par exemple, des solvants, des plastifiants, des colles, ou encore des substances “anti-feu” (également appelées retardateurs de flammes). Certains de ces composés, comme les éthers de glycol ou les phtalates, ont été recherchés dans les urines de femmes enceinte dans des études de cohorte Française (Elfe [Étude Longitudinale Française depuis l’Enfance], Pélagie [Perturbateurs Endocriniens : Étude Longitudinale sur les Anomalies de la Grossesse, l’Infertilité et l’Enfance]). Les fréquences de détection élevées qui ont été rapportées suggèrent une exposition à la fois répandue et répétée à ces substances chimiques dont certaines sont des perturbateurs endocriniens (ces composés ont une faible demi-vie dans l’organisme et peuvent être éliminés rapidement si l’on supprime la source de l’exposition).

    Dans l’étude ESTEBAN, la réalisation de travaux ou de bricolage impliquant des composés perfluorés (également connus sous le nom de PFAS) était associée à une concentration sanguine plus importante de ces composés perfluorés chez les habitants. A l’inverse, les concentrations sanguines en composés perfluorés et en retardateurs de flammes bromées étaient plus faibles dans les foyers rapportant une fréquence d’aération du logement plus élevée. A noter que la présence d’une VMC avait également des effets bénéfiques sur la concentration sanguine.

    En population générale, l’exposition à certains polluants présents dans l’air intérieur peut avoir des effets immédiats, pouvant aller de la gêne olfactive à des irritations oculaires, rhinopharyngées et à de la toux. Certains polluants susceptibles d’être émis lors des travaux, du bricolage ou de l’aménagement du logement ont des effets (suspectés ou avérés) cancérogènes, mutagènes, perturbateurs endocriniens, ou reprotoxiques.

    Chez la femme enceinte et le jeune enfant, les données disponibles concernant l’impact de ces activités sont limitées. Certaines études internationales ont toutefois suggérées un lien entre les travaux de rénovation pendant la grossesse et le risque de malformation congénitale.

    Il est également important de noter que ces usages (travaux, bricolage, aménagement) sont associés à un certain nombre de composés (perfluorés, polybromés, éthers de glycol, phtalates…) qui ont été associés avec un surrisque d’issues de grossesse défavorables, et d’altérations du développement du fœtus et du jeune enfant.

    Dans la cohorte française PARIS, la réalisation de travaux de rénovation après la naissance était associée à une augmentation du risque de survenue de symptômes d’asthme chez l’enfant à 18 mois.

En pratique

Pour la femme enceinte, allaitante et le jeune enfant :

  • Proscrire la participation aux travaux de rénovation, de bricolage et d’aménagement
  • Laisser un délai, si possible au moins 3 mois, entre les travaux de rénovation et l’installation du nouveau-né dans la pièce

Pour l’entretien et travaux / bricolage, il est recommandé de :

  • Porter des gants
  • Respecter les conditions d’utilisation
  • Limiter le nombre de produits
  • Ne pas mélanger les produits
  • Eviter les produits en spray
  • Eviter les produits avec pictogramme de danger
  • Préférer les produits labellisés avec un label environnemental ou étiquetés A+ (cf. fiche Labels)
  • Ranger les produits dans un endroit non occupé ou ventilé
  • Aérer les pièces concernées (cf. fiche aération)
  • Se laver les mains après les travaux au savon et à l’eau, même si des gants ont été portés

Pour l’ameublement, il est recommandé de :

  • Déballer les meubles neufs et les entreposer dans une pièce non habitée ou à l’extérieur avant de les installer
  • À défaut, aérer plus souvent la pièce après installation
  • La littérature ne permet pas de définir de durée minimum, mais les émissions sont plus intenses dans les premiers jours
  • Envisager la possibilité d’acheter des meubles d’occasion, en s’assurant qu’ils répondent aux normes de sécurité en vigueur

Risques spécifiques à l’amiante :

  • Avant d’entreprendre des travaux de bricolage, il est important de savoir si les matériaux concernés contiennent de l’amiante
  • Éviter tout travaux/bricolage sur des matériaux contenant de l’amiante
  • Exemple de substances chimiques fréquemment retrouvées dans les logements

    Les polluants domestiques associés à l’utilisation de produits ou matériaux pour les travaux, le bricolage ou l’aménagement sont nombreux. La liste ci-dessous contient quelques exemples de composés associés aux usages domestiques et fréquemment retrouvés dans les logements, comme les composés organiques volatils (COV) dont les plus fréquents sont l’acétaldéhyde, le benzène, le dichlorométhane, le formaldéhyde, le perchloroéthylène), les hydrocarbures aromatiques (toluène et xylène), les composés perfluorés ou PFAS (PFOA, PFOS, etc), les métaux lourds (plomb, mercure, cadmium, etc), et les phénols (bisphénol A, B, S, etc).

Pour aller plus loin

Auteur : Emilie Burte

Sources rédactionnelles : RPC CNSF chapitre 4 : expositions domestiques aux agents chimiques : produits ménagers, matériaux de construction, décoration et pesticides ; Site du Ministère de la santé et de l’accès au soin, APPA, Projet FEES

Relecture : Mélie Rousseau (APPA), Chloé Barasinski, Rémi Béranger

Mise à jour le 16 avril 2026