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icone qualité de l’air (1)

Définition

L’aération est l’action de renouveler l’air dans un espace clos (par exemple, en ouvrant les fenêtres et/ou les portes). La ventilation permet de renouveler l’air du logement en y assurant une circulation d’air générale et permanente. 

L’aération et la ventilation sont indispensables et permettent de maintenir une bonne qualité de l’air à l’intérieur du logement et d’éviter ainsi une concentration trop importante en polluants chimiques ou biologiques.

Messages clés

  • L’air intérieur est plus pollué que l’air extérieur
  • La pollution de l’air intérieur est fortement liée aux activités des occupants et aux équipements et matériaux utilisés dans le foyer

Une aération 2 fois par jour (au moins 10 minutes par jour hiver comme été ) et une bonne ventilation des espaces clos (logement, bureau…) permettent :

  • La réduction de la concentration de ces polluants dans le logement
  • La réduction de l’humidité, source potentielle de moisissures
  • L’évacuation des mauvaises odeurs et donc d’éviter l’utilisation de parfums d’ambiance polluants
  • Un apport d’air “neuf” provenant de l’extérieur
  • Etat des connaissances

    La population générale en France passe environ 80% de son temps dans des lieux clos. D’après les résultats de la Campagne Nationale Logements 1 (2003-2005) réalisée par l’Observatoire de la Qualité des environnements Intérieurs (OQEI), l’air intérieur est entre 5 à 10  fois plus pollué que l’air extérieur, avec 2741 substances chimiques recensées dans les logements. Les polluants retrouvés dépendent des activités des occupants (ménage, habitude de traitement des nuisibles …) et des équipements et matériaux utilisés dans le foyer (construction, décoration, ameublement). Certains polluants se diffusent régulièrement, généralement à des concentrations faibles (émissions des meubles par exemple), alors que d’autres activités vont générer des concentrations élevées mais plutôt ponctuelles (fumée de tabac, bricolage, produits d’entretien…).

    En population générale, l’exposition aux polluants présents dans l’air intérieur peut avoir des effets immédiats, pouvant aller de la gêne olfactive à des irritations oculaires, rhinopharyngées et à de la toux. Certains polluants que l’on peut retrouver dans l’air intérieur ont même des effets (suspectés ou avérés) cancérogènes, mutagènes, perturbateurs endocriniens, ou reprotoxiques.

    Données disponibles chez l’enfant :

    Dans la cohorte française PARIS(1), la réalisation de travaux de rénovation après la naissance était associée à une augmentation du risque de survenue de symptômes d’asthme chez l’enfant à 18 mois. Concernant les produits nettoyants, 2 cohortes mère-enfants en France et en Espagne s’y sont intéressées de manière spécifique. Elles ont observé une augmentation du risque d’apparition de symptômes d’asthme chez l’enfant suite à des usages, en particulier de produits en spray, par la femme enceinte pendant la petite enfance. L’usage de pesticides à domicile pendant la grossesse est associé à des concentrations plus importantes de pesticides dans les cheveux de femme enceinte à l’accouchement. L’usage de ce type de produit pendant la période prénatale et l’enfance a été associé à un risque augmenté de développer différentes altérations de santé (malformation, altération du neurodéveloppement, cancer)..

    Déterminants de l’exposition :

    D’après l’étude ESTEBAN(2), la réalisation de travaux ou l’utilisation de produits et matériaux de bricolage exposants aux composés perfluorés est associée à une concentration sanguine plus importante en composés perfluorés chez les habitants. A l’inverse, les auteurs observaient des concentrations sériques plus faibles pour certains perfluorés dans les foyers rapportant une fréquence d’aération du logement plus élevée au printemps et en été. L’aération a également été associée à des concentrations sériques en retardateurs de flammes bromés plus faibles, que ce soit la fréquence d’aération ou la présence d’une VMC.

    Quelques précisions : 

    • Aspect économique : conseil accessible à tous et le plus efficace pour réduire de multiples expositions et imprégnations en polluants
    • Peur des déperditions énergétiques :  rassurer en expliquant qu’une aération brève (5 à 10 min) en grand, n’entraîne pas de pertes énergétiques. De plus, en hiver une aération longue risquerait de refroidir les parois et d’y favoriser les phénomènes de condensation avec un risque de développement de moisissures.

    Un air sec se chauffe plus facilement qu’un air humide. L’aération permet de réduire le taux d’humidité ambiante dans le logement et permet donc par la suite de chauffer plus facilement les pièces

    • Sécurité  : Si des enfants en bas âge sont présents dans le logement : ne pas les laisser seuls et les surveiller en permanence lorsque les fenêtres sont ouvertes et ne pas mettre d’objet ou de meuble sous les fenêtres

    Environnement extérieur pollué : L’aération reste nécessaire car de nombreuses sources se cumulent à l’intérieur, en plus de la pollution extérieure, mais choisir les créneaux horaires les plus pertinents (en dehors des heures de pointes , d’épandage…)

En pratique

De manière générale :

  • Aérer minimum 10 minutes 2 fois par jour, chaque pièce du logement. Aérer en grand, fenêtres (et/ou portes) opposées ouvertes, afin de créer un courant d’air
  • Limiter l’utilisation des produits ménagers (page entretien du logement)
  • Éviter l’utilisation de parfums d’ambiance, encens, diffuseurs, désodorisants, bougies (page parfums d’ambiance)
  • Aérer en cas de réalisation de ménage, bricolage, utilisation de pesticides, cuisson d’aliments, utilisation de parfums d’ambiance de bougies ou encens, achat de meuble neufs (page Travaux, bricolage, aménagement) ou lors d’activité générant de l’humidité
  • Vérifier les systèmes de ventilation du logement :
    – Nettoyer régulièrement les grilles de ventilation et les bouches d’extraction d’air situées dans les pièces humides
    – Ne pas boucher les grilles de ventilation
    – Faire entretenir le système de VMC par un professionnel qualifié tous les 3 ans

    • Astuce : 
      • Il est possible de placer une feuille de papier toilette devant les bouches d’extraction d’air (pièces humides) : si la ventilation fonctionne, elle doit être attirée vers la bouche
      • Si la pièce est équipée d’une fenêtre de toit, il existe une position ventilation qui fait office d’arrivée d’air

Pendant la grossesse :

  • Si la chambre du bébé a fait l’objet de travaux ou d’installation de meubles neufs, il est recommandé de l’aérer quotidiennement pendant plusieurs semaines même si elle n’est pas encore occupée.
  • Proscrire la participation aux travaux de rénovation, de bricolage et d’aménagement (page Travaux, bricolage, aménagement)

Pour aller plus loin

Auteur : Mélie Rousseau (APPA) , Fleur Delva

Sources rédactionnelles : RPC CNSF chapitre 4 : expositions domestiques aux agents chimiques : produits ménagers, matériaux de construction, décoration et pesticides; Site du Ministère de la santé et de l’accès au soin, APPA, Projet FEES

Relecture : Corentin Job (APPA), Chloé Barasinski, Rémi Béranger, Emilie Burte

Mise à jour le 13 mars 2026