Définition
Les pesticides domestiques regroupent les produits utilisés pour tuer ou repousser (répulsifs) des organismes considérés comme nuisibles, comme des champignons / moisissures, des insectes (moustiques, pucerons, fourmis, cafards, mites), des arachnides (araignée, acariens), des plantes (“mauvaises herbes”), ou encore des rongeurs.
Ces produits peuvent être appliqués sous différentes formes, comme des sprays, des poudres, des gels, des prises murales, des diffuseurs passifs (autocollants), des pièges, ou par fumigation. Ils peuvent également être présents dans certains matériaux de construction en tant que conservateur / préservateur.
Messages clés
- Les pesticides ont été sélectionnés pour détruire ou pour interagir avec des organismes vivants, ils sont donc par définition susceptibles d’avoir des effets sur la santé humaine et l’environnement
- L’utilisation de pesticides domestiques peut causer des problèmes de santé, que ce soit suite à des contacts directs au moment de l’application, ou lors d’une dispersion des composés dans l’habitat qui va induire des expositions secondaires
- Les femmes enceintes, allaitantes ou les jeunes enfants étant plus à risque, il est primordial de limiter leurs expositions aux pesticides domestiques
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Etat des connaissances
En 2014, l’étude Pesti’home(1), réalisée en France métropolitaine auprès d’un échantillon représentatif des ménages a montré que 75 % des ménages utilisaient au moins une fois un pesticide dans l’année. Les produits les plus utilisés étaient les insecticides (84% des ménages en avaient utilisé dans l’année précédente), suivi des herbicides (environ 20% des ménages en avaient utilisé dans l’année précédente), et enfin, les répulsifs cutanés humains (ex: anti-moustiques, 12 % des ménages en avaient utilisé dans l’année précédente). A noter que ces chiffres sont antérieurs à l’entrée en vigueur de la loi Labbé en 2019, qui a restreint certains usages pour le grand public (notamment les usages phytosanitaires pour le traitement des végétaux).
L’utilisation des pesticides au domicile a été associée à une augmentation de la concentration en principe actif et en additifs dans l’air et dans les poussières du logement. Cette augmentation est sensiblement plus forte lorsque les applications ont été réalisées à l’intérieur du logement. Les habitants du logement vont ensuite se contaminer par inhalation, ingestion, voire par contact. Une fois présents dans l’habitat, ces produits peuvent persister sur de longue période et induire des expositions différées dans le temps.
L’usage de pesticides au domicile pendant la grossesse a également été associé à des concentrations plus importantes de pesticides dans les urines et dans les cheveux de femmes enceintes à l’accouchement.
Ces expositions indirectes, mais fréquentes ou répétées, ne sont pas sans danger. L’usage de ce type de produit pendant la période prénatale et la petite enfance a été associé à un risque augmenté de développer différentes altérations de santé (malformation, altération du neurodéveloppement, cancer), dans plusieurs études distinctes et de manière concordante.
En population générale, l’exposition à certains polluants présents dans l’air intérieur peut avoir des effets immédiats, pouvant aller de la gêne olfactive à des irritations oculaires, rhinopharyngées et à de la toux.
Si certains pesticides sont considérés comme toxiques pour la reproduction, perturbateurs endocriniens, neurotoxiques ou cancérigènes (avérés ou présumés), la majorité ne sont pas classés. Pour plus de détails, voir l’expertise de INSERM et le site du centre de lutte contre le cancer.
En pratique
1 – Limiter les usages non nécessaires
- Prévenir les infestations :
- Fourmis, cafards, rats : réduire l’accès à l’eau et à la nourriture, chercher et colmater les fissures et les anfractuosités dans le domicile
- Moustiques et insectes volants : éviter l’eau stagnante dans les jardins (coupelles, pots, etc.…), possibilité d’installer des moustiquaires aux fenêtres, ou de fermer les fenêtres la nuit en cas de lumière allumée
- Mites : Conserver les vêtements dans des rangements fermés
- Punaises de lit : recommandations spécifiques au retour de voyage (lavage à une température >60°C, congélation, nettoyage vapeur, …)
- Éviter d’utiliser des pesticides pour le jardin, ou les plantes d’intérieur
- Éviter les couettes et oreillers traités anti-acariens
2 – Si un pesticide doit être utilisé :
- Proscrire l’utilisation par la femme enceinte, allaitante ou en présence d’un jeune enfant
- Utiliser des gants puis les jeter ou les laver soigneusement après usage
- Se laver les mains après application (même si port de gant) au savon et à l’eau
- Éviter les bombes aérosols ou les diffuseurs (préférez les gels ou les appâts)
- Traiter la zone la plus restreinte possible
- Respecter les précautions d’emploi du produit
- Certaines infestations peuvent nécessiter l’aide d’un professionnel : punaises de lit, cafards, frelons, …
- Aérer en cas d’utilisation de pesticides
Cas particuliers :
- Traitements vétérinaires anti-puces et anti-tiques :
- Utiliser des moyens mécaniques pour limiter l’infestation : aspirateur en jetant le sac d’aspirateur, lavage du lieu de couchage de l’animal
- Proscrire les antiparasitaires sous forme de collier (en particulier les colliers à base de Diazinon)
- Préférez l’utilisation de traitements per os, qui permette de limiter la contamination du domicile
En cas d’usage d’anti-parasitaires topiques : Utiliser des gants, se laver les mains après usage, interdire à l’animal l’accès aux chambres, et ne pas le caresser pendant plusieurs jours après un traitement
- Risque de maladie vectorielle (ex: paludisme, dengue, chikungunya, etc) :
- Possibilité d’utiliser des répulsifs cutanés, des vêtements anti-moustiques ou moustiquaires imprégnées -en les choisissant compatibles avec le trimestre de grossesse ou l’âge de l’enfant : demander conseils au médecin/pharmacien-
- Ne pas utiliser ces produits en l’absence de risque de maladie vectorielle
- Se laver les mains après manipulation
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Exemple de produits régulièrement cités
Les pesticides sont nombreux, mais ils sont parfois difficiles à identifier car ils ne sont pas toujours présentés comme tels. La liste ci-dessous contient quelques exemple de composés à usage domestique fréquemment retrouvés dans les logements, classés par familles : inéonicotinoïdes (imidaclopride, acétamipride), organophosphorés (diazinon), phénylpyrazole (fipronil), pyréthrinoïde (alléthrine, phénothrine, pralléthrine, Imiprothrine, cyperméthrine, perméthrine, pyréthrine, tétraméthrine, transfluthrine, deltaméthrine), répulsifs cutanés (DEET, Ir3535, P-menthane-3,8-diol (PMD)), rodenticides (brodifacoum, difénacoum, diféthialone, bromadiolone), triazoles (propiconazole).
En plus des principes actifs énoncé ci-dessus, certains ingrédients entrant dans les compositions des pesticides ont également été étudiés pour leur toxicité présumée, comme le pipéronyl butoxide (un synergiste, qui potentialise l’effet des pesticides pyréthrinoïdes).
Pour aller plus loin
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Documentation
- (1)Site de l‘Etude Pesti-home, Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES)
- Recommandations pour la pratique clinique : « Interventions pendant la période périnatale». Chapitre 4 : Expositions domestiques aux agents chimiques : produits ménagers, matériaux de construction, décoration et pesticides. Mélie Rousseau, Camille Rouzeau, Justine Bainvel, Fabienne Pelé. [Rapport de recherche] Collège National des Sages-Femmes de France. 2021.
- Expertise collective INSERM Pesticides: effets sur la santé, 2021
- Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), Analyse des résultats de l’expertise collective de l’Inserm sur les effets des pesticides sur la santé, 2025
- Site Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), Produits chimiques biocides : pourquoi il est important d’en limiter les usages ?
- Site du centre de lutte contre le cancer, Pesticides et effets sur la santé
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Information pour les familles
- Affiche, ARS Auvergne Rhône-Alpes, Anti-poux, anti-puces, répulsifs, insecticides…Les bons réflexes pour un air plus sain dans votre maison
- Livret généraliste “Notre environnement, notre bébé, sa santé”, projet “Femme enceintes environnement et santé” (FEES), langage Facile à Lire et à Comprendre (FALC).
- Fiche “Limiter les polluants dans son logement“, 2p, projet “Femme enceintes environnement et santé” (FEES), 2024
- Site ARS Auvergne Rhône-Alpes, Pesticides en intérieur : quelles sont les précautions à prendre dans son logement ?
- Site des 1000 premiers jours, Protéger bébé des piqûres de moustique
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Question type
- Utilisez-vous des produits pour traiter votre animal de compagnie?
- Utilisez-vous des produits pour traiter votre jardin ou vos extérieurs?
- Utilisez-vous des produits pour traiter les insectes dans votre maison / appartement ?
Auteur : Emilie Burte
Sources rédactionnelles : RPC CNSF chapitre 4 : expositions domestiques aux agents chimiques : produits ménagers, matériaux de construction, décoration et pesticides; Site du Ministère de la santé et de l’accès au soin, APPA, Projet FEES
Relecture : Mélie Rousseau (APPA), Chloé Barasinski, Rémi Béranger
Mise à jour le 16 avril 2026