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Définition

Le téléphone mobile, téléphone portable, téléphone cellulaire, ou GSM (Global System for Mobile Communications) est un appareil portatif permettant de communiquer sur de longues distances à l’aide d’un réseau d’antennes relais. Pour communiquer, ces dispositifs émettent des ondes électromagnétiques. Depuis plusieurs années, ces téléphones sont remplacés par des smartphones, plus élaborés, disposant d’un écran et permettant d’accéder à internet.

Messages clés

  • Le téléphone portable peut exposer à la fois aux champs électromagnétiques, aux écrans et à certains contenus problématiques
  • Les données de la littérature sont globalement rassurantes quant au risque de cancer en lien avec l’exposition aux ondes. Un doute persiste pour les “gros utilisateurs”
  • L’utilisation des écrans et des réseaux sociaux peut avoir des répercussions sur la santé physique et mentale
  • L’utilisation du téléphone portable doit rester raisonnée chez l’adulte et à éviter chez l’enfant
  • Etat des connaissances

    D’après l’INSEE, en 2021, 95% de la population française âgée de plus de 15 ans possédait un téléphone mobile. Dans 77% des cas, il s’agissait d’un smartphone. La question des effets sanitaires potentiels en lien avec le téléphone mobile doit être considéré sous plusieurs aspects :

    – la question de l’exposition aux champs électro-magnétiques

     – la question de l’exposition aux écrans

    – la question de l’exposition à certains contenus, comme les réseaux sociaux

    Champs électro-magnétiques

    • Les téléphones portables de deuxième, troisième et quatrième génération (2G, 3G, 4G) émettent des radiofréquences dans la gamme de fréquences de 0,7 à 2,7 GHz. Les téléphones de cinquième génération (5G) se déploient sur la bande 3.5GHz.
    • Le DAS (débit d’absorption spécifique) correspond à l’indicateur utilisé pour estimer la quantité d’énergie absorbée par le corps du fait des ondes émises par le téléphone. Pour mesurer le DAS? on sépare le corps en 3 parties : DAS tête, DAS tronc et DAS membres.  Depuis 2017, les dispositifs commercialisés en France doivent respecter un seuil réglementaire :

    – La valeur limite du DAS tête -lorsque le téléphone est contre l’oreille- est de 2W/kg

    – la valeur limite du DAS tronc -téléphone dans le sac ou dans la poche d’une veste et utilisation d’une oreillette-  est de 2W/kg

    -la valeur limite du DAS membres -téléphone tenu à la main, porté dans un brassard ou dans une poche de pantalon- est de 4W/kg.

    De nombreux travaux ont porté sur l’impact potentiel des ondes électromagnétiques liés à l’usage du téléphone mobile sur la santé, avec un focus particulier sur le risque de cancer. Les données expérimentales ont montré que l’énergie dégagée par ces ondes est trop faible pour causer directement des altérations génétiques ou pour générer une augmentation significative de la température des tissus à proximité du téléphone (ex. oreille, tête, peau).

    En 2011, le Centre International de Recherche sur la Cancer (le CIRC, une agence de l’Organisation Mondiale de la Santé) a classé le téléphone portable comme possiblement cancérogène, sur la base de données épidémiologiques de l’étude INTERPHONE. Mais les travaux publiés depuis sont globalement rassurants, remettant en cause le lien entre téléphone et cancer. En 2024, les équipes du CIRC publiaient les résultats d’une étude de cohorte sur l’utilisation des téléphones portables et la santé (étude COSMOS), qui portait sur 250.000 personnes. Cette étude suggérait une absence de risque de tumeur du cerveau en lien avec le téléphone portable.

    De nombreux travaux ont également porté sur la fertilité masculine, mais les résultats de la littérature sont hétérogènes, et aucun lien n’a pu être clairement établi avec l’utilisation du téléphone portable, ou avec le fait de le garder dans la poche du pantalon. Par principe de précaution, la FIGO (Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique) recommande toutefois de ne pas garder le téléphone à proximité du scrotum. Les quelques études actuellement disponibles portant sur la fertilité féminine ne permettent pas de conclure à un effet délétère du téléphone portable.

    Ecrans

    La question de l’exposition aux écrans fait l’objet d’une fiche spécifiquement dédiée (voir ici) : En résumé, l’utilisation des écrans chez l’enfant serait associée à une augmentation du temps de sédentarité, corrélé à un moins bon développement moteur et une moins bonne condition physique, et à un risque plus important de myopie.  Les écrans dégradent la qualité du sommeil, notamment en raison de l’exposition à la lumière bleue et du contenu généralement stimulant pour le cerveau, occasionnant un risque accru de somnolence dans la journée. Chez les parents, les écrans peuvent également augmenter la dette de sommeil et réduire la quantité et la qualité des interactions avec leurs enfants.

    Contenu, réseaux sociaux

    Une utilisation plus intense du téléphone portable et des réseaux sociaux est associée à un risque accru de stress, de trouble du sommeil, ou de syndrome dépressif. A niveau d’utilisation égal, ces manifestations sont plus marquées chez les femmes que chez les hommes.

    L’Organisation Mondiale de la Santé considère que les usages problématiques de médias sociaux présentent des symptômes semblables à ceux de l’addiction, avec une incapacité à contrôler son usage des réseaux sociaux, et des sensations de sevrage ou de privation lorsque l’usage devient impossible. Dans le cadre de son enquête sur les comportements des adolescents (HBSC – Health Behavior in School-aged Children), celle-ci précise toutefois qu’un usage intensif n’est pas forcément problématique, et qu’un usage responsable de ces médias peut favoriser les relations sociales.

    Enfin, il est intéressant de noter le lien entre la durée d’utilisation du téléphone portable et le risque d’apparition de troubles musculo-squelettiques, avec notamment des douleurs au cou et aux épaules. L’utilisation du téléphone portable peut également être source d’accident, du fait d’un défaut d’attention, par exemple en cas d’utilisation au volant.

En pratique

Pour réduire l’exposition aux ondes (principe de précaution) :

  • Utiliser un kit main libre ou le haut-parleur
  • De préférence, éviter d’utiliser le téléphone dans le transport, en mouvement, ou dans des zones où la réception radio est de moins bonne qualité
  • Privilégier les téléphones affichant les DAS (débit d’absorption spécifique) les plus faibles
  • Recommander une utilisation raisonnée du téléphone
  • Chez la femme enceinte, éviter de poser le téléphone sur le ventre, ou de le laisser dans une poche en contact avec le ventre
  • Éviter de mettre votre téléphone portable proche de la tête d’un nourrisson

Concernant l’utilisation du téléphone mobile par l’adulte (voir fiche écran)

  • Inciter les parents dès la grossesse à réfléchir sur leurs propres usages du téléphone portable, en termes de fréquence, de contenus (réseaux sociaux) et de contexte d’utilisation
  • Les inciter à ne pas utiliser de téléphone au volant
  • Les inciter à mettre leur smartphone/tablette de côté et en silencieux pendant les soins, les activités et jeux avec leur enfant
  • Les sensibiliser aux rythmes veille-sommeil et aux besoins du bébé

Concernant l’utilisation du téléphone mobile par l’enfant

  • Éviter l’utilisation d’un téléphone avant 3 ans
  • Ne pas donner de smartphone, pour calmer ou endormir un enfant
  • Dans les transports ou les temps d’attente, privilégier les livres, boites de jeux ou crayons plutôt que le téléphone
  • En cas de visionnage d’écran sur un smartphone
    • Respecter une distance entre soi et l’écran d’au moins 50 cm
    • Réduire la durée d’exposition
    • Éteindre tout écran 1 h avant le coucher

Pour aller plus loin

Auteur : Rémi Béranger

Relecture : Yves Le Dréan, Chloé Barasinski, Emilie Burte

Mise à jour le 16 avril 2026